ARGUMENT

Ce colloque propose de dégager, à partir de l’exposé d’expériences et de réflexions issues d’une pratique engagée sur le terrain, quels objectifs partagés, quels critères et quelles conditions sont nécessaires pour que les enfants, voire les parents, puissent tirer bénéfice du dispositif de Placement en Accueil Familial (P.A.F.).

Sur 450.000 enfants bénéficiant des diverses mesures de protection de l’enfance, 120.000 doivent être séparés de leurs parents, dont 70.000 sont placés en Accueil Familial et vivent chez environ 50.000 assistants familiaux[1], principalement employés par les Conseils généraux, les Placements Familiaux Spécialisés associatifs, ou les Unités d’Accueil Familial Thérapeutiques des secteurs de pédopsychiatrie.

L’accompagnement des enfants accueillis, des parents et des familles d’accueil mobilise les professionnels socio-éducatifs, administratifs, magistrats, psychologues, paramédicaux, pédopsychiatres… et implique toujours une formation et des compétences spécifiques. Car les prises en charge des enfants ne relèvent pas du seul traitement social ; elles nécessitent une dimension de prévention et de soin psychique auprès de l’enfant protégé, afin d’être garantes de « la prise en compte de ses besoins fondamentaux, physiques, intellectuels, sociaux et affectifs »[2].

Observer, évaluer et comprendre l’effet pathogène des liens complexes qui unissent l’enfant à ses parents ; accompagner ces derniers quelles que soient leurs capacités à participer à la protection du développement de leur enfant ; soutenir, protéger et travailler les liens qui se nouent entre un enfant et sa famille d’accueil … tout cela est une tâche délicate mais bien nécessaire pour garantir à l’enfant un développement optimal. Tous les protagonistes des situations de P.A.F. sont pris dans des processus interactifs qui engendrent fréquemment un ensemble de tensions et de conflits à hauts risques de rupture et de violences autour de l’enfant. Lorsque l’accompagnement pluri- et trans-disciplinaire est insuffisant, l’effet délétère sur l’enfant des discontinuités est maintenant bien connu.

Nombreux témoignages indiquent que le dispositif de P.A.F. peut -quand il est pensé, y compris dans la protection de l’enfance, comme une modalité de soin psychique- constituer une formidable opportunité de relance et d’étayage du développement psycho-affectif de l’enfant. Une véritable culture professionnelle du P.A.F. -portant les notions fondamentales de continuité et de stabilité relationnelle, d’élaboration, d’engagement éthique et d’ouverture- résolument inscrite dans la continuité des idées de Myriam David, Michel Soulé et autres, s’est constituée en France depuis cinq décennies. Le colloque en mettra au travail les 3 grandes dimensions à l’œuvre : la dimension psychique et intersubjective ; la dimension institutionnelle et partenariale ; la dimension humaniste et citoyenne.


[1] http://www.igas.gouv.fr/spip.php?article320

[2] Loi protection de l’enfance, 2007

Comité d'organisation : E. Bonneville-Baruchel, G. Mermet, J-L. Nouvel, M. Pavelka, P. Richard